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about

Ce disque a été enregistré en mars 2012 à la Gaieté Lyrique, Paris. La prise de son a été réalisée par PIERRE LE CARDINAL et JEAN-MARC HAREL. Une fois les arrangements ajoutés, FABRICE MARIA a procédé au mixage durant l’hiver 2014. Après quoi, NORSCQ s’est occupé du mastering. De votre salon, vous pouvez les applaudir.

La musique est de BELÀ BARTÒK, exceptés Un playboy de pur style bulgare et Un été dans les Carpathes composés par Boussiron et Brébant.

Les musiciens sont MARIE-PIERRE BRÉBANT au clavecin ; CÉLESTE CLÉDAT-PETITPIERRE au cor d’harmonie (à 11 ans, il fait sa première apparition dans le monde du show-business, sur In the mist — ça ne s’invente pas…) ; et XAVIER BOUSSIRON pour ce qui est du reste des instruments et de l’ orchestration…

La peinture Bon crépuscule Mr. Martin !, que vous avez admirée sur l’endroit de la pochette, est l’œuvre de PHILIPPE MAYAUX (reproduite ici avec l’aimable autorisation de la galerie Lœvenbruck, Paris). Le photographe PHILIPPE LEBRUMAN a pris la photo de Brébant et Boussiron sur le clavecin.

Merci à Baruch Spinoza et Thomas Pynchon.
A la mémoire de Michel Couvreur.

Liner notes :

La dernière fois qu’on les a entendus ensemble — hormis au sein du récent et éphémère Orchestre National of Resilience City, Marie-Pierre Brébant et Xavier Boussiron jouaient sur San Remo plus humide que Venise, titre de l’album Menace de Mort et son Orchestre composé par Boussiron. C’était une chanson italienne de fin de série B, bien sûr; fumante comme une cathédrale sortie d’un tonneau de goudron. L’apothéose, enlisée jusqu’à la taille, se faisait emporter par un torrent de vase où guitare et clavecin s’engloutissaient dans les remous sentimentalistes. Sur le mouvement final s’abattait une vague scélérate de bongos. On était en 2004. Il était alors question d’un orchestre opérant sous hypnose ; mais aussi, de savoir si une mélodie, ce délicat pied de biche foulant le calme des premières brumes matinales, aiderait à comprendre le rapport qu’il y avait entre un sifflet et une paire de noix de coco.
Le temps passe. Brébant arrive avec une liasse de partitions rassemblant l’intégrale de Mikrokosmos de Bartòk. Voyant le paquet, Boussiron ravale un rire : «En voilà, une bonne source de malaise !» Il avait toujours considéré Bartòk comme le précurseur d’une lignée de champions de la récupération magnétisante. Lignée que prolongeront des mecs comme Alan Lomax, Frank Zappa et Lux Interior…

Tout le monde aime Belà Bartòk, sans doute parce que ce n’est pas de la musique classique. L’histoire dit que Bartòk a élaboré Mikrokosmos comme une méthode pédagogique pour piano (165 pièces, au total, avec difficultés graduelles) à l’usage de son fiston, Peter. Legs d’autant plus saisissant, que c’est un autoportrait atomisé que tend le père à son fils ; sa propre tête présentée sur un piano. Mikrokosmos déploie tant les racines que les branches de l’arbre (de transmission ?) musical bartokien. Là où les choses de la conscience en viennent à se réconcilier avec celles du cœur. Toute oeuvre d’art, digne de ce nom, traite inévitablement de réconciliation (sinon, vous avez les oeuvres ordinaires qui, elles, sont généralement portées sur des notions beaucoup plus évidentes et flatteuses comme la Mort, ou ce genre de chose…).
La réconciliation hante l’œuvre de Bartòk. Chaque exercice jalonnant Mikrokosmos ouvre la voie, de plus en plus escarpée, d’un tout iniatique. Et si le perfectionnement technique charpente ce tout, jamais il ne se départit du spectre sentimental, toujours en passe d’apparaître — sous son meilleur profil bas. «La suggestion est l’art d’enseigner» rappelle le dicton hongrois. Bartòk dévoile un attirail primordial inventé, au sens où l’on invente une tradition ; un domptage de l’inspiration laissant sous-entendre que les apparences de la virtuosité cachent une vessie pleine d’artifice psychique. L’esprit de Mikrokosmos abrite une société secrète de petites bestioles musicales tour à tour innocentes, vivaces, décharnées, ordonnées, biaisées, repoussantes, lumineuses, délicates, âpres et modestes, spongieuses, invisibles, fantastiques, taciturnes. Une société dont l’antre est un estomac qui fait office de cerveau. Des manières et des petits masques qui génèrent de la vie, donc de l’interprétation. Mikrokosmos, c’est à la fois Lon Chaney s’exerçant à grimacer devant sa boîte à maquillage, et Belà Lugosi posant élégamment près de son ratelier à pipes à tabac (une bonne vingtaine de modèles différents au total) fixé, à hauteur d’homme, au mur du salon. Les instruments de musique sont aussi des acteurs. La substance de Mikrokosmos n’impose aucune autorité pré-établie. La rigueur y est une routine et seule la précision sert à méduser les standards de l’autorité. Selon John Dee, le microcosme c’est l’homme. Bartok voit un ami en son fils. Alors, les références ancestrales délivrent une chose prête à grandir. L’amour est la nostalgie vécue ex-abrupto.


Pour justifier son dégoût de la chose musicale, Dali (grand amateur de pétomanie, et de chemises western portées avec des vigatanes — sa tenue de peintre) se plaisait à désarçonner ses intervieweurs en rabâchant qu’elle ne permettait pas de dire explicitement : «Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’apporter mon chapeau que j’ai laissé sur le guéridon dans l’entrée ?». (Ce n’est pas si vrai ; il n’y a qu’à entendre la guitare du second refrain de Un playboy de pur style bulgare dire très clairement : «Ton pardessus est dans la malle»). Parodie de Saint-Thomas et preuve de bon sens de la part du cadaquesen. Le doute sans aucun doute. Et pour cause, attablé devant une belle assiette de «Mar y Munt» (ragoût mariant viande et poisson, typique de l’Empordà, inspiré de l’idylle entre le berger et la sirène), un catalan n’oublie jamais que de faire preuve de bon sens c’est déjà avoir un pied dans la folie.
De bon sens, il en est étrangement question dans l’interprétation que Brébant et Boussiron donnent de Mikrokosmos. D’inquiétude, aussi. Et de joie, au fond.

Les consignes de Bartòk sont claires : rester au plus proche de ce qu’il considérait être la musique réaliste ; une musique où s’expriment sincèrement, et sans exception, tous les sentiments humains : l’enthousiasme, le désespoir, la peine, la colère, la vengeance, la bravade railleuse, le sarcasme, la circonspection, la joie… Les consignes, même si ça leur force un peu le naturel, Brébant et Boussiron les suivent scrupuleusement à la note près, avec application et sérieux, comme s’ils allaient être édités par la Deutsche Grammophon. Ils se fient au texte, à la partition. «Ce qui est la moindre des choses, tout de même !» diront certains. Sans doute… mais ça dépasse l’évidence pour un musicien analphabète à l’oreille relative comme Boussiron, l’Homme-aux-doigts-de-beurre. Heureusement, Brébant traduit et décrypte, assise au clavecin, symbole d’excellence par nature ; mais aussi moissonneuse batteuse, tiroir à fourchettes, et subtil peigne à saletés dans les tresses mystérieuses du folklore.

S’il n’y a jamais eu de mouvement appelé le Réconciliationnisme, Brébant et Boussiron le font tout de même exister pendant trois quart d’heure — ce qui est un luxe lorsque l’on se contrefout de la postérité.
Et ce-durant, l’écrit le dispute à la mémoire ; la sophistication le dispute à la noblesse de la gaucherie ; la pureté du doigté le dispute aux coups de hanches paysannes ; le dramatique le dispute au narratif ; les arts florissants le disputent aux arts pourrissants ; la copie d’un Jean-Heinrich Hemsch avec piétement Louis XVI le dispute à la copie de micros Electar en plastique de 1964 ; la formation de conservatoire le dispute à l’orchestre de bal ; les sous-bois de la joie de carnaval le disputent aux velours râpés de l’underground…

Certes… musicologiquement parlant, ces liner-notes semblent un peu agitées. Alors, étendons-nous d’une manière complètement différente. Et ouvrons cette autre Méthode Rose. D’un rose de joue virant au jaune d’un rictus. Une méthode, qui à l’instar de toutes les méthodes, possède ce léger arrière-fond de cruauté.

Music lovers, vous êtes les bienvenus !
Et videz-moi cette tortue ! Et qu’on m’ en fasse un banjo !
— Un banjo ?.. Mais n’en ferait-on pas plutôt une saucière à rognons ?
— Non, non… Videz la tortue… Et faites-en un banjo…

credits

released November 21, 2014

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about

Xavier Boussiron Paris, France

X. Boussiron produit une musique narrative entre devoir de mémoire, mondes parallèles, autodaxie améliorée et sophistication de la gaucherie. Une synthèse de faussaire : colona sonora, baloche-core, experimental radicool, mood in opposition, improvisation de copiste.

Toutes les ventes digitales
permettront de financer de futures étrangetés.
Folks, fans et others, merci d'avance à vous.
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