Donne​-​Moi Ton Sperme

by Xavier Boussiron & Stéphane Bérard

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about

Xavier Boussiron : Guitares, Bongos, orgues taciturnes, sournoises feelings, pressions psychologiques, silences, intrigues décoratives, AMR…
Stéphane Bérard : Electronic design, Peace maker, episodic vocals, canapé surf, descente, filtres à pathos, patience et craintes, maracas in situ, modern cascades…
Enregistré à Champagné-les-marais, Vendée, 30 novembre/10 décembre 2000
Mixé par Yvan Étienne, à Besançon, 11/15 décembre 2000.

«C’est sur une scène parisienne — financée par une compagnie immobilière italienne — que le duo Boussiron/Bérard commence à se mettre à l’aise. Programmé en fin d’une soirée consacrée à la musique «electronica junda» (alors que la tendance est au souris-hero avec laptop et minimalisme de service), Boussiron/Bérard soumettent un répertoire instrumental en se servant dans les rebus charriés et refoulés par l’abstraction : métaphores, narration concrète, rotules qui claquent, ornements mélodiques optimistes et ingrats, motifs tropicaux.
Et ajouté à cela, l’élément de base tout à la fois déplorable et sophistiqué : eux-mêmes.
Collés au fond de la scène, dans un mauve éthéré de science-fiction de campagne, l’acajou le dispute au circuits imprimés : stimulé par les sirènes hoquetantes, les effets fracturés et autres filtres organiques de Bérard, Boussiron tente des mélodies de guitares mollement chevrotantes comme une crise de pleurésie.
Déjà les premiers arômes de «Donne-moi ton sperme» se diffusent. Entre mauvaise foi et jouissance de la dernière chance, c’est la musique «to read Schopenhauer by».

Liner notes

LE CHEMIN DES CRASSES :
Ouverture manifeste.
(Elle se sera bien déhanchée, la programmatrice, sur la version techno initiale. Mais l’idée d’une réalité mixte insufflée par la déferlante de bongos — « Ouuuuh ! les bongos ils ont tué le jazz !!! » — l'ont fait échouer à son casting au poste de présentatrice de Télé-Foot. La préférence aura penchée pour Sophie Talhmann. Elle retrouve donc son plateau de barmaid, dans un resto-revue des Champs-Élysées, pas topless pour un clou.)

BLANBEXPLOITATION :
Ça brille comme une planche de backroom russe. Prestige de l’envolée et économie de moyens : un trou dans une paroi. Derrière, à l’ombre du cagibi, un standardiste anonyme reçoit le pneumatique en pleine bouche. Bien enroulé. Plus tard, un flic coiffé d’une casquette de taxi nous déposera à l’hôtel.

SORS DU GÂTEAU :
Suite à une greffe faciale à base de viande de jambon rose, pour couvrir un problème de sourire, Bérard est resté tapi au bas d’un placard plus de cinquante minutes, la tête près du bac déshumidificateur. Il a surgit et Boussiron a manqué de perdre connaissance.

GUY MATHIEU :
Guy est l’inventeur du «Bob», la danse dépouillée de l’outre-suceptibilité. On devrait être comme lui. Une œuvre sans artiste : un paysage à la Gavarny, mais en être humain.

ADIEU MYSTÈRE :
«On ne peut pas les prendre. Ils ne sont pas assez expérimentaux, pas vrai ?»
L’opération mandoline est passée de travers. Malgré ce relent de censure patenté, on a eu le loisir d’achever notre programme. Ils ont vu assez juste, même si ce problème de goût paraissait «hors-de-nous». Une méthode pragmatique (largement imposée par le grand handicap de base) a toujours plebiscité l’expérience au détriment de l’expérimental. Le capital confiance dont a fini par jouir l’expérimental rend précisément compte du folklore qu’il est devenu; avec ses inventaires d’astuces qui montrent, au loin, le futur en train d’atterrir, tout en reniflant l’entre-jambe du premier deejay venu juste devant dans la file d’attente.
Bien que non dépourvus d’une certaine finesse, on n’est pas complètement arty. On a simplement un peu de mal à coller à l’éducation que l’on a reçu. Et par ailleurs, on se fait une idée assez biaisée de la capacité de contemplation.

REAL PANIER
Ce morceau fut en partie inspiré par Nathalie «Dame Patronne de la Poésie Française» Quintane. Auteure d’un texte intitulé «Cubains par paquets», elle incarna sur Fat Riviera (un Music and light show consacré à la passion de l’extrêmement moyen, donné en live par les BBQ’s) une cantatrice sans menton qui mettait le repentir au défi.

COUNTRY TITS
Le catéchisme est un petit port de pêche où une vieille barque baptisée «Libido» accoste sans bruit. La possession vous prend à la gorge entre deux Avé, un Pater, et une table de ping-pong : «Tu es prête et ready, Loudès ? J’envoie !».
Rendu fou furieux, dans une ambiance ensoleillée de superstition et de croyance, on redoute de découvrir que chaque signe revêt une symbolique de vulgarité potentielle. Sous le narthex de l’Hôptial de la Charité, le moule du tourment se reboutonne, parfaitement ajusté.
Le narcissisme est soumis aux impératifs de l’exigence. Et le solo de guitare, geste contre-nature par exellence, constitue un des rares vecteurs glissant par quoi le narcissisme, un moment donné, se trouve sublimé. L’idée de première excitation excite toujours.

LA BRASSERIE DES CONCEPTS
La nouveauté, on sait depuis longtemps que ça procède de déplacements infimes. Un genre ? Un nom de genre ? Abstract surf. Intoxica-billy. Mood in opposition.
De toute façon, bien remonté, on peut de toute manière danser le twist sur pratiquement n’importe quoi.

A DEAD END CALLED ISLA MUJERES
La matière «slow» quitte chaque jour un peu plus l’harmonie qu’elle entretient avec le discours. C’est le côté clinique de l’affaire et la perception du réel s’effondre par pans entiers.
En bon praticien, Boussiron, honnêtement auto-proclamé «guitariste-le-plus-mantulesque-de-Vendée», remplit inconsciemment son rôle de crooner-fraiseur. En bon praticien également, Bérard s’immisce, en tant que Bartleby de l’électro, méfiant et certain qu’il n’est pas capable de tel ou tel acte spécifique. Simplement, suprême, il optimise sa propre impuissance. Ils forment tous les deux un orchestre allongé dont le mot d’ordre est «juste un doigt».

RESTAURANT POUR ADULTES
"In the world of Bacaloa,
Entre gin-fizz et vomissement par sursauts,
Ce titre a fait les heures chaudes du club Stardust, à la sortie sud de Tours.
In the world of Bacalao,
Décolle du bar, et cours…
Cours sous le spotlight jaune."

UN SEUL COUVERT, JAMES
Que rajouter de plus ?

DONNE-MOI TON SPERME
«Donne-moi ton sperme» livre une sorte de poussée sans équivoque. C’est la déclaration d’amour sans récit, ni faute. Désir et langage sont embringués dans une métonymie réciproque, implacable et palpitante. J’ai toujours su, Babe, que tu n’étais pas une brunette à dix-sept dollars — love means never saying to say you’re ugly.

(merci à Giorgio Agamben)

credits

released June 6, 2001

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about

Xavier Boussiron Paris, France

X. Boussiron produit une musique narrative entre devoir de mémoire, mondes parallèles, autodaxie améliorée et sophistication de la gaucherie. Une synthèse de faussaire : colona sonora, baloche-core, experimental radicool, mood in opposition, improvisation de copiste.

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Folks, fans et others, merci d'avance à vous.
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